Publié le mercredi 16 juillet 2008

Omar, l’enfant martyre… pauvre Canada

16 07 2008

Tout le monde s’entend pour dire que la position de Stephen Harper en ce qui concerne Omar Khadr ne tient pas debout. Il n’y a rien qu’y puisse justifier son entêtement à ne pas demander le rapatriement de ce citoyen canadien. Je ne veux pas m’attarder sur ce cas qui fait la manchette et est commenté par tous les médias depuis deux jours. Ce qui m’intéresse, c’est  qu’il s’agit d’un exemple de plus de l’incompétence et de l’incohérence de la politique étrangère canadienne depuis l’élection des Conservateurs.

On dirait que Stephen Harper s’est donné le mandat de démolir tout le travail fait par le Canada depuis que le premier ministre libéral Lester B. Pearson a gagné le Prix Nobel de la paix en 1957. Depuis le Canada est un pays sur lequel on peut compter pour intervenir et aider à régler pacifiquement les conflits.  Il a aussi la réputation de se préoccuper du bonheur de ses habitants en leur procurant un niveau de vie enviable et la sécurité. Ce n’est pas le pays le plus influent de la planète, mais il représente une force morale à laquelle tous les autres sont sensibles. On apprend aujourd’hui que l’affaire Khadr est devenue la nouvelle canadienne de l’année sur la scène internationale. On a recensé plus de 22,000 articles de journaux et 77,000 reportages audio vidéo dans plus de 100 pays. Si le Canada était une entreprise multinationale, on parlerait d’une catastrophe médiatique pouvant causer une chute dramatique du titre sur toutes les bourses. Il serait au bord du gouffre et de la faillite. On peut qualifier ce tsunami de mauvaises nouvelles d’effet Harper.

L’effet Harper s’est révélé dès son arrivée au pouvoir en rejetant le protocole de Kyoto que nous avions pourtant signé. En ce faisant, le Canada a renié sa parole. Nous avons alors compris que Stephen n’avait pas beaucoup de talent pour se faire des amis surtout auprès des autres signataires qui ne sont pas les derniers venus.  Pour l’aider, il a nommé Maxime Bernier comme ministre des affaires étrangères. Il s’est probablement dit que ce grand gaillard ayant la carrure d’un bucheron sympathique et bien élevé allait séduire le monde. Malheureusement, il a mené sa vie personnelle et les affaires étrangères à la hache en équarrissant les arbres que son patron avait abattus. C’est sans doute le plus mauvais ministre des affaires étrangères de l’histoire du Canada. Son bref passage laisse le souvenir du beau grand niaiseux qui n’avait rien à dire parce qu’il avait la bouche pleine de Jos Louis ou de Julie Couillard.

L’effet Harper fait des victimes dans les rangs de l’armée canadienne en prolongeant le plus longtemps possible notre implication en Afghanistan. Il n’est pas nécessaire d’être expert en politique internationale pour savoir que ce pays replongera dans le chaos quand les soldats étrangers se retireront que ce soit en 2011 ou en 2025. Nous devrions profiter du fait que nous ne sommes pas le seul pays impliqué sur le terrain pour nous retirer de ce conflit armé que ne correspond pas à la mission que nous nous sommes donnée depuis 50 ans. Le monde s’attend à ce que le Canada joue son rôle de pacificateur pour lequel il est aimé et admiré. C’est une des fiertés de notre identité canadienne d’ailleurs.

Finalement, l’effet Harper peut se manifester même quand Stephen est  absent. C’est ce qui se passe avec son intention de ne pas assister à la cérémonie d’ouverture de jeux olympiques à Beijing. Les dirigeants de la planète ont compris qu’il était inutile et farfelu de les boycotter sauf lui. En fait, ce n’est pas vraiment un boycott, c’est un rien insignifiant, car il refuse de fournir toute explication. J’ai ai une à vous soumettre. Elle est la même que pour le rejet de l’accord de Kyoto. Il ne sait pas comment se faire des amis et il est mal à l’aise avec les grands. Il suffit de le voir se dandiner et marcher raide comme une barre en public pour comprendre qu’il est mal dans sa peau. Il évite tout contact avec des inconnus sauf quand il n’a vraiment pas le choix comme au G8. Merci doc.

En politique étrangère, Harper se comporte comme un cowboy qui essaie de dompter un cheval sauvage sans en connaître la technique. Cela demande de la souplesse et de la sensibilité pour sentir sa monture. Ce sont deux qualités que Stephen Harper n’a pas. Il est temps qu’il apprenne avant de se faire éjecter sans ménagement.